Nouveauté discographique, « Fin de nuit » matérialise 40 ans de liens complices entre Philippe Boesmans et l’OPRL

Philippe Boesmans

Au moment où Gergely Madaras prend les rênes de l’OPRL lors des concerts d’ouverture de saison, le label Cypres publie « Fin de nuit », enregistré par l’OPRL sous sa direction, en mars dernier. Ce disque réunit trois œuvres concertantes, toutes commandées par l’Orchestre à Philippe Boesmans : le Concerto pour violon (1979), écrit pour le concertmeister Richard Piéta et enregistré ici par l’actuel concertmeister George Tudorache, le Capriccio pour deux pianos et orchestre (2011, commande de l’OPRL à l’occasion de ses 50 ans) avec en solistes David Kadouch et Julien Libeer, et Fin de nuit pour piano et orchestre, créé par David Kadouch, l’OPRL et Gergely Madaras en février dernier et enregistré dans la foulée.

Cet album est emblématique de l’identité de l'OPRL puisqu'il consacre 40 ans de collaboration avec l’un des plus grands compositeurs belges vivants, Philippe Boesmans. Il est aussi à l’image de l’investissement soutenu de Gergely Madaras dans le domaine de la musique d’aujourd’hui et de sa volonté de rencontrer l’ADN de « son » nouvel orchestre. Très contrastées, les trois œuvres sont comme trois visages de l’écriture de Philippe Boesmans.

Fin de nuit, sa dernière création, est dédiée au jeune pianiste David Kadouch. Elle est d’une écriture très mélodique, presque classique, avec aussi des réminiscences de Ravel ou Gershwin. Captée en février dernier lors de sa création, l’œuvre sera diffusée en télé sur Mezzo TV (dès le 8 septembre) et sur La Trois, le 27 septembre à 22h45.

Le Capriccio pour deux pianos et orchestre a été créé le 4 mars 2011 au Festival Ars Musica, à l’occasion des 50 ans de l’OPRL par Katia et Marielle Labèque, sous la direction de Jean Deroyer : « des fils insaisissables […], une rapsodie moirée, avec le souvenir de Gershwin en filigrane » (Gérard Condé, Le Monde). Philippe Boesmans y déploie en effet, en un seul mouvement, toute la virtuosité et l’inventivité instrumentale qui caractérisent ce compositeur gourmand et facétieux.

La nouvelle version du Concerto pour violon, qui a été enregistrée 37 ans après la première version parue en 1982 chez Ricercar et réédité ensuite chez Cypres (CYP7604), permet de redécouvrir le lyrisme de cette partition. Le déferlement des notes est spatialisé dans une configuration orchestrale originale : deux petits ensembles sont placés en coulisses pour dialoguer avec l’orchestre et avec le violoniste. Ce dernier, George Tudorache, est, comme dans la première version, concertmeister de l’Orchestre (il est également premier concertmeister invité du London Symphony Orchestra). Il signe ici son premier enregistrement en tant que soliste.