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Le Concerto de Bartók : l’art de faire briller le très grand orchestre

Lionel Bringuier

Les 27 et 28 février, à Liège, l’OPRL et Lionel Bringuier vous proposent un programme qui met le plein feu sur l’orchestre avec Bartók, Salonen et le Concerto pour piano de Gershwin. 

Composé en 1943 et créé l’année suivante par l’Orchestre de Boston au Carnegie Hall de New York, le Concerto pour orchestre du compositeur hongrois Béla Bartók est une œuvre à part dans le répertoire symphonique. Plutôt que d’opposer un soliste virtuose à l’ensemble des musiciens, Bartók choisit de mettre en valeur tous les pupitres d’une formation orchestrale : chaque famille d’instruments est tour à tour mise en lumière, parfois même chaque instrument individuellement. Cette écriture très contrastée permet d’entendre l’orchestre comme un vaste laboratoire de timbres et de textures. Le compositeur y déploie des procédés qui lui sont chers : rythmes souvent asymétriques, formes très construites, superpositions mélodiques élaborées et surtout de merveilleuses références aux musiques folkloriques d’Europe centrale, intégrées de façon savante à l’écriture symphonique.

L’œuvre est une des préférées de Lionel Bringuier qui qui a souhaité l’associer au Concerto pour piano de Gershwin avec Hélène Grimaud, autre clin d’œil à l’Amérique, mais aussi à une partition étourdissante d’Esa-Pekka Salonen, Helix (2005), formidable étude sur l’accélération, où les motifs musicaux se déploient en spirales, telle une hélice. La présence de cette œuvre à l’OPRL fait écho au parcours de Lionel Bringuier, ancien chef assistant de Salonen à l’Orchestre de Los Angeles, et à sa proximité avec ce langage orchestral.