Chez Gergely : Sibelius 2

Sibelius 2

Le samedi 21 mars, à 16 heures, Gergely Madaras explore les sonorités héroïques de la 2e Symphonie de Sibelius, œuvre de résistance des Finlandais face au joug russe. Le grand frisson !

 

Si les Finlandais la surnomment « la Pathétique tchaïkovskienne en dialecte finlandais », en raison de ses poussées de sève typiquement romantiques, la Deuxième Symphonie de Sibelius est, selon son auteur, une « confession de l’âme ». À 35 ans, le compositeur a le désir d’écrire une fresque orchestrale de grande envergure (ce sera la plus longue des sept Symphonies). S’il y démontre sa connaissance des grands maîtres romantiques (Beethoven, Brahms, Tchaïkovski), Sibelius invente surtout de nouveaux mondes sonores, caractérisés par des thèmes qui s’imbriquent et s’enchaînent avec une grande fluidité, par la mise en valeur des cuivres, l’utilisation de mélodies brèves aux contours rugueux, une tension dramatique qui va crescendo durant de longues mesures ou encore par l’accentuation du premier temps des phrases musicales, inspirée par les particularités de la langue finnoise qui place généralement l’accent tonique au début de chaque mot.

Bien que composée en 1901, sous le soleil et les parfums de l’Italie, cette symphonie influencée au départ par le thème de Don Juan n’a pas empêché les Finlandais d’y entendre les grondements, la résistance et le triomphe d’une nation en quête de liberté — depuis 1808, la Finlande est sous la souveraineté de la Russie ; elle ne gagnera son indépendance qu’en 1917. Pour Marc Vignal, le spécialiste français de Sibelius, chaque mouvement se réfère à cet esprit d’émancipation nationale : le premier mouvement évoque un avant-conflit, le deuxième l’orage, le troisième la résistance des Finlandais et le dernier la Patrie libérée. Cette appropriation politique s’explique par le fait que Sibelius est perçu comme un héros patriotique pour avoir signé, en 1901 (un an avant la création de l’œuvre ), une pétition s’opposant au désir des Russes de dissoudre l’armée finlandaise afin de l’incorporer dans leurs propres troupes…

Après plusieurs compositions pour le jeune public, dont un impressionnant Frankenstein dans le cadre de L’Orchestre à la portée des enfants (en 2022), le Belge Stéphane Orlando, compositeur en résidence à l’OPRL, poursuit sa collaboration avec sa nouvelle création orchestrale, Le promontoire du songe, inspirée de textes philosophiques de Victor Hugo (1860-1865) où le rêve devient la métaphore du pouvoir créateur de l’artiste. La composition est dédiée à notre ancien Directeur général, Daniel Weissmann.
 

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