Gautier Capuçon : l'interview

Capuçon Liège

Star internationale du violoncelle, le magnifique interprète retrouve l’OPRL le 16 septembre dans un des concertos les plus émouvants du répertoire britannique.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous intéresser au Concerto de Walton ?

C’est un concerto que j’ai découvert quand j’étais très jeune et que j’ai joué pour la première fois en 2007 en Nouvelle-Zélande. J’avais fait à l’époque une tournée avec l’Orchestre Symphonique de Nouvelle-Zélande et je l’ai joué plusieurs fois dans la foulée. Mais cela fait maintenant quelques années que je ne l’ai plus interprété et j’avais très envie de le remettre à l’honneur. C’est une œuvre que j’aime beaucoup avec une atmosphère assez extraordinaire. Elle a été composée pour le grand Gregor Piatigorsky, qui est une véritable légende pour les musiciens et pour nous les violoncellistes. Ce concerto a été créé en 1957 ; au disque, on le couple souvent avec celui d’Elgar.


Pourquoi est-il si rarement interprété ?

Le répertoire pour violoncelle n’est pas aussi large et étendu que celui pour le piano par exemple, mais il y a beaucoup d’œuvres qu’on ne joue pas souvent. Les programmateurs de concerts se réfugient assez fréquemment dans les grands standards du répertoire. Parfois, certaines pièces ne sont pas jouées parce qu’elles ne rencontrent pas un grand succès auprès des artistes et du public. Ce n’est pas le cas de ce concerto, qui est une très belle œuvre méritant d’être jouée plus souvent. Je suis très heureux de revenir à Liège avec l’OPRL dans cette musique. Je trouve magnifique de proposer ce genre de répertoire en ouverture de saison, alors qu’il est si rarement interprété.

Quelles sont les qualités de cette œuvre ?

Il y a de très belles atmosphères dans le Concerto de Walton, avec ce violoncelle qui chante et des couleurs très inspirées. On y sent l’imprégnation d’une forte culture anglaise. Personnellement, en tant que violoncelliste, je ressens aussi l’âme de Piatigorsky qui y est présente, j’y suis très sensible car j’adore cet interprète américain d’origine ukrainienne.

À quand remonte votre dernier concert avec l’OPRL ?

Cela fait un peu plus de 10 ans que je n’ai plus joué avec l’Orchestre. Mon dernier concert remonte
à 2011, avec le Concerto en do majeur de Haydn. Parlez-nous de vos projets en 2022-2023… Il y en a quelques-uns. Tout d’abord la sortie de mon prochain album « Sensations » en octobre. C’est un album qui s’inscrit dans la continuité des deux précédents, avec des pièces de genre, de la musique classique, des musiques populaires, de la musique de film… des œuvres pas forcément écrites pour le violoncelle mais que j’aime et que j’ai envie de jouer. Jérôme Ducros, mon vieux complice, les a transcrites pour moi, avec orchestre.
Sinon, je reprendrai aux États-Unis le récent Concerto pour violoncelle de Lera Auerbach, créé en janvier
dernier et écrit pendant la période du Covid. C’est une œuvre géniale inspirée du Journal d’un fou de l’écrivain Gogol. J’assurerai aussi la création du Concerto de Thierry Escaich, dans le cadre d’une coproduction entre l’Orchestre Symphonique de Boston et l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, les deux orchestres d’Andris Nelsons. Nous serons aussi au Festival de Salzbourg pour cette création.

Propos recueillis par Stéphane Dado

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