Classic Academy 2023 : L'interview de Juliette Gauthier

Harpiste

La Classic Academy est de retour le dimanche 18 juin prochain, dans le cadre de la Fête de la musique. 4 candidats des différents conservatoires de la Belgique francophone vont concourir aux côtés de l'OPRL. Parmi eux, Juliette Gauthier, originaire de Soignies, étudiante en Master spécialisé à l’IMEP (Namur). Elle interprétera des extraits du Concerto de Ginastera avec l’OPRL. Nous l’avons rencontrée.

 

Pouvez-vous nous présenter votre parcours en quelques mots ?

Quand j’avais 5 ans, ma maman, qui est violoniste, a organisé un concert de Noël dans lequel intervenait une harpe. Je suis tout de suite tombée amoureuse de cet instrument. Après le concert, la harpiste m’a prise sur ses genoux pour faire des glissandos, ce qui m’a fascinée. En première primaire, mes parents m’ont proposé de pratiquer un loisir, et j’ai immédiatement repensé à la harpe. Je suis entrée dans la classe d’Ingrid Procureur, à l’Académie de musique de Mons, et j’y suis restée neuf ans. De 15 à 18 ans, j’ai poursuivi mes études en filière « Jeunes talents » au Conservatoire Royal de Mons (Arts²) avec Ingrid Procureur, puis à l’IMEP (Namur) avec Sophie Hallynck. J’ai ensuite accompli un Bachelor de trois ans à l’IMEP, concentré sur deux ans. Depuis septembre, je suis inscrite au Conservatoire Supérieur de Paris tout en terminant un Master spécialisé en harpe et musique de chambre à l’IMEP. Ce sont des enseignements complémentaires, issus de la même « école » de harpe, qui allient à la fois exigence et bienveillance.

Vous avez déjà participé à de nombreux concours…

Oui, sur le conseil de mes professeurs, ces concours m’ont permis de rencontrer beaucoup d’autres musiciens, de découvrir le monde de la harpe sous d’autres angles, d’autres écoles, de m’ouvrir les oreilles… De tous ces concours, je retiens surtout le Concours Pratté de Norrköping (Suède), où j’ai pu, en janvier 2022, jouer pour la première fois avec orchestre en finale.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir musicienne professionnelle ?

J’ai su très tôt que je voulais consacrer ma vie à la harpe ; pour moi, ça allait de soi. Je pensais d’ailleurs que c’était le cas de tous mes condisciples à l’Académie, mais j’ai été très étonnée quand je me suis rendu compte que ce n’était pas spécialement le cas.

Pourquoi vous êtes-vous inscrite à la Classic Academy ?

C’est mon professeur Sophie Hallynck qui m’en a parlé. C’est une vraie chance d’avoir été sélectionnée par l’IMEP et c’est vraiment une chouette opportunité de jouer avec orchestre, d’être soutenue par autant de bons musiciens.

Parlez-nous de l’œuvre que vous interpréterez le 18 juin avec l’OPRL. Pourquoi ce choix ? 

Je jouerai les mouvements extrêmes du Concerto pour harpe de Ginastera, un compositeur argentin du XXe siècle. Sophie et moi sommes tout de suite tombées d’accord sur le choix de cette œuvre. C’est un concerto phare que j’aime énormément pour ses rythmes incroyables, nourris de nombreuses percussions, et les trouvailles expressives qu’il applique à la harpe.

Comment voyez-vous votre avenir professionnel ?

Je suis tellement passionnée par ce que je fais que je ne m’inquiète pas pour l’instant de l’insertion dans la vie professionnelle : elle viendra au moment voulu. Pour le moment, le mieux que je puisse faire c’est de continuer à aimer de tout mon cœur la musique. Mais j’ai toujours été attirée par la transmission, je sais que j’aimerais donc beaucoup pouvoir allier l’enseignement et les concerts.

Comment les jeunes de votre âge perçoivent-ils la musique classique ?

En humanités, j’étais assez seule à faire de la musique classique. Dès la quatrième secondaire, je passais un jour par semaine au Conservatoire de Mons, mais mes amis comprenaient bien ma situation. D’autres faisaient du rugby, de la gymnastique, de la natation… Il y avait un respect mutuel entre nous. Aujourd’hui, au Conservatoire, je suis entourée de plein d’autres jeunes qui aiment aussi la musique classique, et c’est génial.

Quels sont vos hobbies ?

En dehors de la harpe, qui m’occupe beaucoup, je me plonge volontiers dans la littérature, en particulier Marcel Proust, qui est mon auteur favori. J’ai entrepris la lecture des sept tomes de À la recherche du temps perdu, que je trouve très beaux, très poétiques… Je lis souvent plusieurs ouvrages en même temps. En ce moment, je suis dans Madame Bovary de Flaubert. Mais je pratique aussi la natation et j’aime beaucoup voir mes amis.

Propos recueillis par Éric Mairlot

GRATUIT. Ouverture des réservations le mardi 30 mai, à 13 heures.

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