Interview : Ali Baba selon Gwenaël Mario Grisi

Ali Baba et les quarante voleurs pour les enfants

Le talentueux compositeur en résidence de l'OPRL dit tout sur la nouvelle œuvre qu'il a composée dans le cadre de l'Orchestre à la portée des enfants. À découvrir du 12 au 21 octobre à Liège, Bruxelles, Ath, Ottignies et Namur.

Après le succès de votre composition pour le spectacle Le Livre de la jungle en mars dernier, l’OPRL vous a commandé une nouvelle œuvre symphonique pour L’Orchestre à la portée des enfants : Ali Baba et les quarante voleurs. Peut-on s’attendre à une musique typiquement orientale pour l’occasion ?

Oui, sans surprise, ma musique utilisera ces références à un imaginaire oriental « vu d’Europe » et à ses couleurs arabisantes, ses échelles de notes caractéristiques. Ce sera vrai dans les divers thèmes qui traversent la pièce : le thème de Morgiane, le thème des voleurs, et puis un petit thème plus discret mais tout personnel dédié au personnage d’Ali Baba.

Quel effectif instrumental utilisez-vous pour cette œuvre ?

Il s’agit d’un orchestre de dimension modérée, afin de permettre au spectacle de tourner dans des salles de plus petite taille, partout en Wallonie. Outre les cordes, l’orchestre comporte un musicien par pupitre de bois (flûte, hautbois, clarinette, basson), un cor, une harpe et des percussions (notamment des cloches, des petites cymbales…).

Aviez-vous totalement carte blanche pour composer la musique ?

J’ai reçu préalablement un scénario avec un découpage par scènes ; c’est ce qui sert de canevas pour mon travail de composition. Ensuite, au moment des répétitions, j’assiste au travail de l’orchestre et du metteur en scène : cela permet de réaliser encore quelques ajustements musicaux, si la dramaturgie le demande. C’est ce que nous avions fait pour Le Livre de la jungle. 

Au fil de votre résidence à l’OPRL, constatez-vous une évolution dans votre travail ?

Il est clair que je m’affirme de plus en plus dans une manière de composer plus cinématographique qu’abstraite, au fil du temps ; quand on est jeune diplômé de conservatoire, on peut se croire obligé de développer un langage plus cérébral, s’interdire certaines facilités d’écriture, et ce, même si les professeurs laissent toute liberté à chaque étudiant de chercher son langage. Le retour positif que je reçois sur mon style m’encourage évidemment à continuer dans cette voie plus accessible ; c’est vrai aussi du côté des musiciens de l’OPRL, qui semblent apprécier ma musique et avec qui j’ai une réelle interaction.

La résidence me permet sans aucun doute d’évoluer : à force d’entendre jouer ma musique et de pouvoir tester certaines choses, je peux réemployer de nouvelles idées, ou en écarter d’autres ; j’étoffe mes connaissances des timbres et tout ce parcours constitue un réel atout.

Propos recueillis par Séverine Meers