La Belle Époque : l'interview de Maéva Laroque

Maéva Laroque

Violoniste second soliste de l'OPRL, la musicienne s'est replongée au début du XXe siècle, à l'occasion d'une vidéo réalisée dans le cadre des « Happy Hour ! » de l'OPRL. Elle nous dit tout sur ce projet !

 

Pourquoi ce choix de La Belle Époque ?

Cela remonte à mon enfance, quand j’écoutais les disques du collectif « Sorties d’artistes », dont mon père a fait partie. Cet ensemble de salon – comme ils se qualifiaient – regroupait des musiciens dits « classiques » et s’illustrait dans un répertoire pas si classique (!), comme les musiques de brasserie, le flamenco, la musique de la Belle époque... Un peu comme ce que pourraient proposer les « Happy Hour ! », en somme ! J’avais un authentique coup de cœur pour leur disque consacré à Popy. C’est de là qu’est né mon projet : donner à entendre une musique peu souvent jouée, pleine de charme, d’élégance, d’insouciance et de sensibilité, voire un peu fleur bleue…

Ne s’agit-il pas aussi de tout un univers, au-delà d’un style musical ?

Tout à fait : c’est l’époque d’une grande émulation créatrice dans tous les milieux artistiques, d’un bouillonnement d’idées et d’influences. En peinture, cela a inspiré les mouvements du début du siècle, le fauvisme et le cubisme. C’est également l’époque de l’Art Nouveau et, un peu plus tard, de la naissance de l’Art déco. En musique, on pense à la fois aux grands salons où se donnaient les concerts dans les milieux aristocratiques, et aux atmosphères plus populaires des cabarets et des cafés-concerts, comme au Chat Noir à Paris. Deux univers qui se côtoient et que je voudrais rendre, notamment grâce aux interventions de William Warnier, qui présentera le concert.

Vous êtes entrée à l’OPRL en septembre 2018 ; depuis, vous avez déjà pris part à de multiples projets au sein de l’Orchestre…

Oui, c’est vrai, et cela s’est fait tout naturellement grâce à la grande cordialité et bienveillance des collègues, à la multitude de projets proposés par la maison… J’ai toujours apprécié la musique de chambre car elle repose avant tout sur des rapports humains : faire coexister des personnalités musicales parfois très différentes au sein d’un groupe et y laisser à chacun la possibilité de s’exprimer, artistiquement. Chaque rencontre m’apprend quelque chose de différent.

Vous avez même fait le buzz au printemps dernier avec votre challenge en confinement, en duo avec Virginie Petit ! 

C’est la première fois que je suis passée à la télé avec cette vidéo ! Je m’entends très bien avec Virginie, et pour ce challenge, comme pour tout ce qu’on entreprend, nous avons eu à cœur de bien faire et d’approfondir un peu l’idée, avec un peu de folie et beaucoup d’humour, car on sait s’amuser à l’Orchestre !

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Propos recueillis par Séverine Meers