Musiques du monde : Tartit (Mali)
Le 7 novembre, l'ensemble Tartit fait vibrer l’âme touarègue : voix envoûtantes, rythmes hypnotiques et voyage au cœur du Sahara d’autrefois à travers les traditions du peuple nomade Kel Tamasheq.
Quand on évoque la musique du Mali, on pense souvent aux grandes figures du blues saharien comme Ali Farka Touré ou Tinariwen. Avec Tartit, c’est une autre facette de cette tradition qui s’invite à la Salle Philharmonique : une musique profondément liée à la culture touarègue, entre chants ancestraux, rythmes hypnotiques et transmission orale. Originaire de la région de Tombouctou, au nord du Mali, le groupe perpétue depuis plus de 30 ans les traditions musicales du peuple Kel Tamasheq. Fondé dans les camps de réfugiés mauritaniens et burkinabés pendant les rébellions touarègues des années 1990, Tartit est né d’une volonté forte : préserver une culture fragilisée par l’exil et les conflits. Son nom signifie d’ailleurs « union » en tamasheq.
Autour de la chanteuse charismatique Fadimata Walet Oumar, surnommée « Disco », le collectif réunit chanteuses, percussionnistes et instrumentistes dans une formation où les voix occupent une place centrale. Les femmes assurent les chants et les percussions traditionnelles du tendé, tandis que les hommes accompagnent à la guitare ou sur des instruments ancestraux comme
le tehardent ou l’imzad.
« Le blues lancinant façon Ali Farka Touré n’est jamais bien loin dans ces farouches et hypnotiques musiques aux frontières de la transe gaiement rythmées. » TÉLÉRAMA
Le résultat est immédiatement captivant : une musique cyclique et envoûtante, portée par des polyrythmies subtiles et des lignes mélodiques oscillant entre mélancolie et énergie collective. Souvent rapproché du « blues du désert », Tartit développe avant tout une esthétique singulière, où la répétition et la pulsation créent un véritable état d’écoute immersive. Télérama évoquait ainsi des musiques « aux frontières de la transe », mêlant intensité rythmique et profondeur contemplative.
Mais derrière la beauté des mélodies, Tartit raconte aussi une réalité bien concrète : la rareté de l’eau, l’exil, la dignité ou les profondes transformations que connaît aujourd’hui le monde sahélien. Au fil des décennies, le groupe s’est produit sur les plus grandes scènes et festivals internationaux, devenant l’un des principaux ambassadeurs de la culture touarègue malienne.
Dans le cadre de la série Musiques du monde, Tartit propose une rencontre rare avec une tradition musicale vivante, portée par des artistes dont l’engagement culturel se conjugue à une présence scénique fascinante. Costumes somptueux, danses et instruments ancestraux transportent ainsi le public vers l’immensité du désert du Sahara, dans une transe lumineuse et profondément humaine qui véhicule un message d’unité, de dignité et de solidarité.