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Musiques anciennes : La torre del oro

Pluhar

Avec La Torre del Oro, au programme de Christina Pluhar et de son ensemble L’Arpeggiata, le 11 octobre, à 20h, découvrez une exploration vibrante des courants musicaux circulant entre l’Espagne et l’Amérique latine. 

 

Puisant son nom dans la célèbre tour de Séville, d’où partaient les galions espagnols vers le Nouveau Monde, ce projet tisse un dialogue fascinant entre la Renaissance et la musique folk contemporaine. À partir des œuvres d’Alonso Mudarra, figure majeure de la Renaissance espagnole et pionnier du chant accompagné par la vihuela, sorte de cousin espagnol du luth, le programme retrace plusieurs siècles de circulations culturelles entre les deux rives de l’Atlantique

Publié en 1546, le recueil Tres libros de música en cifra para vihuela d’Alonso Mudarra marque un moment décisif du Siècle d’or espagnol et compte parmi les premiers grands exemples de chant soliste accompagné : la voix y dialogue avec l’instrument dans une écriture d’une grande expressivité, où le raffinement des lignes et l’attention au texte se rencontrent à travers romanescas, folías et villancicos.

Un réseau d’influences croisées, où les styles hérités du baroque se mêlent aux traditions orales du continent américain.

Le concert explore la manière dont les formes musicales ibériques se sont transformées au contact des cultures indigènes, africaines et créoles du Nouveau Monde. Ainsi, l’œuvre de Santagio de Murcia, l’un des compositeurs les plus importants pour la guitare baroque, est diffusée abondamment dans l’espace colonial. Son Fandango devient un véritable fil conducteur : sa basse obstinée, ses rythmes envoûtants et son énergie chorégraphique irriguent peu à peu le son jarocho mexicain ou le joropo vénézuélien. À travers ces mutations apparaît tout un réseau d’influences croisées, où les styles hérités du baroque se mêlent aux traditions orales du continent américain.

 

Céline Scheen



Des chants du Veracruz aux grandes plaines des Llanos vénézuéliens, le programme révèle un univers pétri de musique, de danse et de poésie, disciplines profondément liées les unes aux autres. L’Arpeggiata de Christina Pluhar y fait dialoguer recherche historique et énergie de la scène, fidèle à son esprit libre et inventif. Entre musique ancienne, musiques populaires et improvisation, il s’agit d’explorer la permanence de gestes et de rythmes qui n’ont cessé de se métamorphoser au fil des traversées. Une mémoire musicale commune qui continue de résonner avec une étonnante vitalité et sera magnifiée à Liège, pour la clôture du Festival Les Nuits de Septembre, par la présence rayonnante des chanteuses Luciana Mancini et Céline Scheen.

En coproduction avec Les Nuits de septembre