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Parution discographique : Liszt, Dante-Symphonie / Liszt - Adams, The Black Gondola

Liszt Dante Symphony OPRL Liège Madaras

Après la Faust-Symphonie et la Méphisto-Valse n° 1, parues en 2024, le label BIS publie le deuxième et dernier volet des symphonies de Liszt : la Dante-Symphonie, enregistrée par l'ancien Directeur musical de l'OPRL, le Hongrois Gergely Madaras, avec le Chœur Symphonique de Namur. 
 

Vibrante et visionnaire, la Dante-Symphonie reflète l’ampleur de l’imagination du compositeur et la puissance de son écriture orchestrale. Composée entre 1847 et 1856, la partition s’inspire de La Divine Comédie (1321) de Dante, célèbre poème épique fondateur de la littérature italienne qui raconte le voyage imaginaire de Dante à travers trois royaumes de l'au-delà : l'Enfer (Inferno), le Purgatoire (Purgatorio) et le Paradis (Paradiso).

Plutôt que de se contenter d’illustrer le poème, Liszt explore les tourments de l’âme, de l’enfer à la rédemption finale, tels que Dante les a vécus dans son voyage fantastique. Par ailleurs, Liszt remplace le Paradis final de Dante par le texte du Magnificat, ne se sentant pas capable de rendre en musique la perfection de ce lieu divin.

 

 

Par toutes ces inventions, Liszt incarne pour moi l’esprit de la Renaissance, brisant les conventions et explorant de multiples directions à la fois - Gergely Madaras

Liszt avait le sens du spectacle et son inventivité est même sans bornes, comme le rappelle Gergely Madaras : « Il imagina pour l’œuvre non seulement un diaporama illustrant des scènes de Dante peintes par l'artiste prussien d’origine italienne Bonaventure Genelli, mais aussi une machine à vent pour reproduire les bruits des vents infernaux du premier mouvement, une idée révolutionnaire pour l’époque ! Dans la partition, on remarque aussi un tas de trouvailles dont une gamme qui semble déjà préfigurer le dodécaphonisme des années 1920. Par toutes ces inventions, Liszt incarne pour moi l’esprit de la Renaissance, brisant les conventions et explorant de multiples directions à la fois. Si Wagner innove dans l’opéra, Liszt, lui, réinvente la musique orchestrale ».

Même s’il abandonne l’idée des décors peints et de la machine à vent, le compositeur hongrois utilise l’orchestre de manière inédite, jouant avec les contrastes de timbres, de rythmes et de dynamiques pour traduire la violence des cercles infernaux (celle de la première partie de La Divine Comédie), ou, plus tard, la lumière de l’au-delà. Il se situe à la croisée des chemins entre le romantisme naissant et les inventions sonores exaltantes qu’expérimenteront plus tard un Mahler ou un Richard Strauss.

La parution est complétée par une œuvre rare : The Black Gondola, l'arrangement par John Adams de la Lugubre gondole de Liszt, une pièce pour piano qui prend ici une dimension nouvelle et dont l'OPRL a eu l'occasion donner la première interprétation en Hongrie, le pays natal de Madaras, lors de leur tournée commune en octobre 2024. L'ancien Directeur musical de l'OPRL a découvert pour la première fois cette œuvre en voiture, durant le Covid, à une époque où il parcourait de longues distances en écoutant la radio. À l’écoute, il a trouvé cette musique si profonde et touchante qu'il a immédiatement eu envie de l’associer à la Dante-Symphonie. Les deux œuvres ont plusieurs thèmes en commun : l’Italie, la mort, les arrière-mondes, les fantômes... Cela avait du sens de les rapprocher… 
 

Enregistré du 14 au 16 juillet 2025 à la Salle Philharmonique de Liège


Écouter l'album DANTE SYMPHONIE
 

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