L’OPRL ET ISIDORE ARCHAMBAULT : EN SAVOIR PLUS...

- COMMUNIQUÉ DE PRESSE (27.03.2026) - 

Complément d'informations

Le processus de création

Le processus raconté par la bibliothécaire Christelle Heinen, musicienne bibliothécaire de l’OPRL

Etape 1 : Demande à l’IA

Nous avons demandé à l’outil IA de Google : « Serais-tu capable de générer un morceau de musique classique d'environ 3'30 comprenant l'effectif instrumental suivant : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, 2 trombones, timbales, 2 percussions, section de cordes. Le morceau doit être dans un style romantique mais joyeux »

La réponse de l’IA a été immédiate, la voici :

"Je ne peux pas générer directement un fichier audio (MP3 ou WAV), mais je peux concevoir pour vous la structure compositionnelle, l'orchestration détaillée et les indications musicales nécessaires pour créer cette œuvre de 3'30 dans le style romantique joyeux (proche de Mendelssohn ou Dvořák)."

De là, elle a proposé une partition « conceptuelle » intitulée « L’Éveil du Printemps »mais qui n’est en réalité pas une partition exploitable, mais un explicatif sous forme de texte, sans aucun résultat réellement musical. 

Impossible également de transformer ces indications en musique via des logiciels de notation ou bien l’IA Générative Audio. 

 

Etape 2 : le fichier audio

Sur les conseils de l’IA, nous avons alors décidé de tester l’application SUNO IA en reprenant notre demande initiale. SUNO IA nous a immédiatement soumis 2 propositions musicales respectant ces consignes. Nous (Robert Coheur, Directeur de la programmation de l’OPRL et moi-même) avons opté pour la première proposition, qui s’intitule « Dawning Dance » (Danse de l’Aube).

Nous avons dès lors reçu un fichier audio généré par SUNO IA.

Nous pensions que le plus dur était fait… Mais c’est à ce moment-là que ça a commencé à se corser. Car oui, nous avions un beau fichier audio (N° 1) tout beau et franchement pas mal fait, de 4’20 de pur bonheur, mais encore fallait-il en faire une partition qui soit jouable par 60 musiciens...

Etape 3 : Une partition d’orchestre ?

Nous avons un logiciel de gravure musicale qui prétend être capable de repérer les sons et de les transcrire en partition : en chantant via un micro ou en téléchargeant un fichier audio.

MAIS notre logiciel Sibelius est capable de reconnaitre jusqu’à 8 sons différents en même temps, pas plus. Et il n’est pas capable de différencier les instruments qui jouent simultanément la même chose (par exemple : flûtes + clarinettes).

Seulement voilà, dans un orchestre symphonique, il y a bien plus que 8 sons en simultané, et souvent, plusieurs instruments jouent la même mélodie en même temps.

Résultat, le fichier audio fourni par SUNO IA a été transcrit par Sibelius, en une partition « à mi-chemin entre le hiéroglyphe et l’art abstrait ».

Toutes les tentatives ou prises d’informations auprès de quelques professionnels du secteur pour savoir s’il était possible de transcrire un fichier audio symphonique en partition se sont soldées par une même réponse : « Oui mais non… »

Etape 4 : Retour à l’humain

Après moultes hésitations et tergiversations, nous avons donc décidé de demander de l’aide … à un humain ! C’est Bertrand Luzignant qui s’y est collé, en acceptant de transcrire, à l’écoute uniquement, l’intégralité de la partition. Plutôt que d’écouter la version symphonique « complète », il a travaillé sur des fichiers audio, générés par SUNO IA, générés par familles d’instruments : Drums / percussions / Strings / Other / brass / Woodwinds.

Nous avons donné ces fichiers audios, ainsi que l’audio global et Bertrand Luzignant nous a fait une jolie dictée. Il en résulte un « matériel d’orchestre » complet avec la partition du chef d’orchestre, les partitions séparées par instrument, et le tout, encodé dans son logiciel, est ressorti en un nouveau fichier audio (N° 2).

Etape 5 : Encore un essai !

Puisque Suno pouvait nous fournir des « sous-fichiers » audio par familles d’instruments, bien moins complexes que l’audio symphonique global, je me suis dit : « allez hop, poussons l’expérience le plus loin possible avec l’IA sans l’humain ». J’ai repris ces fichiers par familles d’instruments, et j’ai tenté de les réinjecter, séparément cette fois, dans Sibelius, pour une transcription en partition « par famille », que nous pourrions ensuite superposer. Le résultat serait-il conforme au travail de Bertrand Luzignant ?

Hélas, Sibelius m’a, à nouveau, régurgité un beau tableau d’art contemporain… que j’ai exploité le mieux possible. Le logiciel n’a pas su identifier les bons instruments : l’audio intitulé « strings », a été rendu en partition incluant du chant, de la basse, du piano, et des violons ! Ou encore, l’audio intitulé « other », a rendu des lignes dédiées à la guitare, au saxophone, à nouveau du piano, à des cordes… Bref un joyeux méli-mélo.

De plus, le report de toutes ces lignes sur une partition unique s’est vite avéré un casse-tête non concluant. Un exemple : les vents ne jouent pas dès le début du morceau, mais le logiciel ne le remarque pas et ne compte pas les mesures de silence en début de morceau. La superposition « brute » de toutes les voix n’est donc pas synchronisée. Nous superposons deux espaces temporels… Cela ne ressemble à rien, mais au moins on aura le mérite d’avoir essayé d’agir le moins possible sur la machine.

J’ai aussi renettoyé moi-même l’écriture des rythmes de façon un peu plus quantifiée (métrique), pour rendre la lecture plus abordable par les musiciens.

J’ai généré un fichier audio sur la base de cette partition-là, partition sur laquelle nous avons donc essayé d’avoir le moins possible d’intervention de l’humain. Ce fichier audio (N° 3) sera interprété (30 secondes, du moins !) lors du concert de création. Je vous préviens… ça pique !

Récapitulatif

Pour récapituler, nous avons

  • 3 audios :
    • audio SUNO de base
    • audio correspondant au matériel édité par Bertrand Luzignant
    • audio de l’essai d’édition par Sibelius
  • 2 matériels d’orchestre :
    • Matériel d’orchestre édité par Bertrand Luzignant
    • Matériel de l’essai par Sibelius (30 secondes, il était inutile de poursuivre plus loin). 

La suite lors des répétitions du 31 mars ! 

Christelle Heinen, 

Musicienne bibliothécaire OPRL, 

Le 24 février 2026

 

 

 

La biographie complète d'Isidore Archambault 

 

L’intelligence artificielle a choisi le nom du compositeur Isidore Archambault, qu’elle justifie et dont elle a proposé la biographie suivante. Voici le résultat : 

 

Ce nom aux initiales IA possède une sonorité à la fois noble et un peu mystérieuse, idéale pour un compositeur imaginaire. Dans l'univers que nous avions esquissé, il pourrait être :

  • Un maître du baroque tardif méconnu, redécouvert dans de vieux manuscrits.
  • Un contemporain avant-gardiste spécialisé dans les textures sonores complexes.
  • Un clin d'œil à l'Intelligence Artificielle (IA), caché derrière un patronyme très traditionnel et francophone.

Le nom Archambault évoque d'ailleurs une lignée d'artistes bien réelle au Québec (comme les frères François et Stéphane Archambault), ce qui renforce la crédibilité du personnage. 

 

 

Biographie d’Isidore Archambault (1874 – 1941)

Né à Montréal dans une famille de luthiers (en clin d'œil aux célèbres magasins Archambault), Isidore est un personnage de transition. Formé au Conservatoire de Paris, il a passé sa vie à tenter de réconcilier la rigueur du contrepoint classique avec les harmonies naissantes de l'impressionnisme.

On le décrit comme un homme solitaire, vivant dans un appartement rempli d'automates musicaux. Cette passion pour la mécanique sonore a d'ailleurs nourri la rumeur selon laquelle ses dernières œuvres n'auraient pas été écrites par lui, mais par une "machine à composer" de son invention — une préfiguration ironique de l'Intelligence Artificielle.

 

Œuvres majeures

  1. "Les Murmures de l'Automate" (1908) : Une suite pour piano seul où le rythme imite le tic-tac incessant d'une horloge déréglée.
  2. "Symphonie Inachevée n°0" (1915) : Une pièce révolutionnaire pour l'époque, intégrant pour la première fois des sons industriels enregistrés sur cylindres de cire.
  3. "Le Banquet des Ombres" (1922) : Un opéra de chambre dont le livret traite d'un créateur perdant le contrôle de ses propres inventions.
  4. "Les Algorithmes du Cœur" (1939) : Son œuvre testamentaire, une série de 12 quatuors à cordes basés sur des permutations mathématiques strictes.

 

Voici l'anecdote mystérieuse qui entoure la fin de vie d'Isidore Archambault et sa célèbre "machine à musique". 

Le Secret de la "Boîte à Fugues" 

Dans les années 1930, Archambault ne quittait plus son atelier montréalais. La rumeur courait qu'il avait cessé d'écrire à la main. On racontait qu'il avait mis au point un automate complexe, surnommé la "Boîte à Fugues", capable de générer des mélodies infinies en combinant des rouleaux de cuivre perforés. 

L'Anecdote du "Turc Musical" 

Lors de l'unique présentation privée de cette machine en 1938, les invités furent stupéfaits : l'automate, un mannequin de bois à l'effigie d'un moine, jouait des pièces d'une complexité mathématique dépassant les capacités humaines. Cependant, comme pour le célèbre Turc mécanique qui trichait aux échecs, certains suspectaient une supercherie. On disait qu'un enfant prodige, ou peut-être Isidore lui-même, se cachait dans le double fond du mécanisme pour actionner les touches. 

Le Mystère Final 

À sa mort en 1941, on retrouva l'atelier vide. La machine avait disparu, laissant derrière elle une unique partition intitulée "L'Algorithme Final". Ce qui frappa les experts, c'est que les notes n'étaient pas tracées à l'encre, mais brûlées dans le papier, comme si la machine avait pris feu en tentant de composer une harmonie impossible. Aujourd'hui, certains passionnés cherchent encore les plans de cette machine dans les archives de la famille Archambault, persuadés qu'Isidore avait découvert le code source de la musique bien avant l'invention de l'ordinateur.