L'Orgue Schyven : le livre

Publié en septembre 2005, sous la direction d'Éric Mairlot, à l'occasion de l'inauguration de l'orgue Schyven restauré, l'ouvrage retrace dans les moindres détails la passionnante épopée de cet instrument. Tous les acteurs de cette aventure, organistes, musicologues, artisans, historiens de l'art, photographes y livrent le résultat de leur travail. Ils nous entraînent dans un fabuleux voyage, à la découverte d'un instrument d'exception, trop souvent méconnu du public.

Ce livre est disponible à la billetterie de l'OPRL (Salle Philharmonique) au prix de 15 €.

 

L'orgue de la Salle Philharmonique de Liège

L’ORGUE PIERRE SCHYVEN (1888) DE LA SALLE PHILHARMONIQUE DE LIÈGE
(RESTAURÉ DE 2002 À 2005)

L'UNIQUE ORGUE DE SALLE FONCTIONNEL EN BELGIQUE

L'orgue de la Salle Philharmonique retrouve sa voix (2005)

Film réalisé à l'occasion de la restauration du Grand Orgue Schyven de la Salle Philharmonique de Liège (2002-2005) et du Festival Inauguration (septembre 2005).

UN PEU D’HISTOIRE

L'orgue Schyven de la Salle Philharmonique de Liège (Photo Stéphane Moureaux)

1887 : Inauguration du Conservatoire de Liège, les 30 avril et 1er mai 1887.

1888 : Construction par Pierre Schyven (Bruxelles) d’un orgue pour le Palais de l’Exposition Universelle de Bruxelles. Inauguration le 9 juillet 1888 à Bruxelles.

1889 : Achat et placement de cet orgue au Conservatoire de Liège. Conçu pour une exposition d’industrie, l’orgue n’a pas de buffet.

1890 : Inauguration à Liège, le 1er mars 1890, par Charles-Marie Widor (Paris), Alphonse Mailly (Bruxelles) et Charles-Marie Danneels (Liège), sous la direction de Jean-Théodore Radoux, directeur du Conservatoire.

1900 : Placement du buffet d’orgue et des escaliers qui l’entourent par les frères Toussaint de Liège, sur les plans de l’architecte Charles Soubre. Le buffet est garni de tuyaux postiches en bois recouvert d’une feuille d’étain.

1925 : Agrandissement et pneumatisation par Francesco Vegezzi-Bossi de Centallo (Italie) de 1923 à 1925. Inauguration les 27 et 28 février 1925 par Ulysse Matthey (Turin).

1939 : Agrandissement et électrification par Maurice Delmotte (Tournai).

1956 : Nouvelle transformation par son fils Georges Delmotte (Tournai) avec pose de tuyaux de façade parlants. Inauguration le 21 février par Jeanne Demessieux (Paris), professeur au Conservatoire de Liège.

1997 : Élaboration d’un projet de restauration global, dans le cadre de la rénovation de la Salle Philharmonique. Mise en place d’un comité d’accompagnement, composé de spécialistes chargés de définir les grandes lignes du projet de restauration. Auteur de projet : Jean Ferrard pour l’asbl SIC (Sauvegarde des Instruments de musique à Claviers, Bruxelles).

1999 : Démontage et inventaire effectué par la Manufacture d’Orgues Thomas.

2002 : Début des travaux de restauration, confiés à la Manufacture d’Orgues Thomas (Ster-Francorchamps) et à la Manufacture d’Orgues Luxembourgeoise (Lintgen) : suppression des ajouts des années 1920 et 1950 (de piètre qualité), retour à la composition d’origine, ajout de 9 jeux destinés à conférer à l’instrument une puissance sonore accrue au clavier de Récit et au pédalier, placement d’un nouveau système de traction électrique et d’un combinateur électronique permettant d’enregistrer jusqu’à 4000 combinaisons de jeux.

2005 : Festival d’inauguration de l’orgue restauré, du lundi 26 septembre au dimanche 2 octobre 2005. Récitals par Stéphane Detournay, Benoît Mernier, Éric Mairlot ; Dessous des quartes par Thierry Escaich ; Symphonie n° 3 « avec orgue » de Saint-Saëns et Concerto n° 1 d’Escaich (par Escaich) ; Récitals par Thomas Deserranno ; Improvisation sur le film muet Metropolis (par Philippe Lefebvre) ; Fantaisie symphonique de Fétis (avec Anne Froidebise) et Symphonie concertante de Jongen (avec Jean Ferrard) / récital de Fabienne Crutzen (avec Antoine Acquisto, trompette).

2006 : récitals de Thierry Mechler, Thierry Escaich (avec Claire-Marie Le Guay, piano) et Vincent Warnier.

2007 : premier enregistrement sur l'orgue restauré pour CYPRES. Avec la Symphonie n° 3 « avec orgue » de Saint-Saëns et la Symphonie concertante de Jongen (avec Olivier Latry).

2008 : récitals par Anne Froidebise et Jean-Philippe Merckaert / Toccata festiva de Barber (avec Jean-Philippe Merckaert) / récital par Éric Mairlot / Improvisation sur le film muet Le Fantôme de l’Opéra (par Philippe Bélanger) / Concerto de Poulenc (avec Olivier Latry) / récital par Bernard Foccroulle.

2009 : récitals par Naji Hakim et Daniel Roth / Improvisation sur le film muet L’Aurore (par Thierry Escaich).

2010 : récital par Wayne Marshall / Improvisation sur le film muet Notre-Dame de Paris (par Philippe Bélanger) / récital par Éric Mairlot (avec Richard Piéta, violon, François Ruelle et Sébastien Lemaire, trompette).

2011 : récitals par Jean-Luc Thellin / Improvisation sur le film muet Le Mécano de la General (par László Fassang) / Improvisation sur le film muet Nosferatu (par Frédéric Blanc) / récital Liszt par Jean Guillou. 

2012 : récital à 4 mains par Béatrice Piertot et Yannick Merlin / récital par Cindy Castillo / Improvisation sur le film muet La Passion de Jeanne d’Arc (par Firmin Decerf) / récital Messiaen (La Nativité) par Éric Mairlot. 

2013 : récital violoncelle et orgue avec Christian-Pierre La Marca et Thierry Escaich / récital par Étienne Walhain.

 

COMPOSITION DE L’ORGUE RESTAURÉ (2005)

 

I GRAND-ORGUE

16 jeux, 61 notes

II POSITIF EXPRESSIF

14 jeux, 61 notes

III RÉCIT EXPRESSIF

15 jeux, 61 notes

PÉDALE

10 jeux, 32 notes

 

Montre 16

Bourdon 16

Gambe 16

Montre 8

Bourdon 8

Gambe 8

Flûte harmonique 8

Prestant 4

Flûte 4

Quinte 2 2/3

Doublette 2

Fourniture V

Cornet V (do3)

Bombarde 16

Trompette 8

Clairon 4

 

Principal 8

Flûte 8

Salicional 8

Gemshorn 8

Prestant 4

Flûte 4

Dolciana 4

Quinte 2 2/3

Doublette 2

Tierce 1 3/5

Piccolo 1

Trompette 8

Cor anglais 8

Clarinette 8

 

 

 

 

Bourdon 16

Unda Maris 16 (do2)

Flûte harmonique 8

Dolciana 8

Bourdon 8

Voix céleste 8 (do2)

Flûte 4

Doublette 2

Fourniture IV

Cornet V (do3)

Bombarde 16

Trompette harm. 8

Hautbois 8

Voix humaine 8

Clairon 4

 

 

 

Contrebasse 32 (ext.)

Contrebasse 16

Soubasse 16

Quinte 10 2/3

Flûte 8

Flûte 4

Bombarde 32 (ext.)

Bombarde 16

Trompette 8

Clairon 4

 

traction électrique

9 jeux ajoutés (2005)

3 tremblants manuels

Crescendo général

4000 combinaisons

 

I+II

I+III

II+III

I+II 4’

II+II 4’

I+III 16’

P+I

P+II

P+III

P+I 4’

P+II 4’

P+III 4’

QUELQUES CARACTÉRISTIQUES

  • L’orgue se joue depuis une console électrique mobile qui se branche au pied du buffet ou sur le plateau inférieur de la scène.
  • La console peut être rangée dans le buffet, à l’abri des regards.
  • On compte 3676 tuyaux, allant de la taille d’un crayon à celle d’un tronc d’arbre.
  • 55 jeux.
  • 3 claviers de 61 touches (5 octaves), appelés Grand-Orgue, Positif et Récit.
  • 1 pédalier de 32 touches (2 octaves et demie).
  • 70 poussoirs aux mains.
  • 10 poussoirs aux pieds.
  • 2 pédales à bascules servent à ouvrir ou à fermer graduellement les boîtes expressives du Positif et du Récit, pour obtenir des effets de crescendo et de decrescendo.
  • 1 troisième pédale à bascule, séparée des autres, permet d’introduire ou d’ôter progressivement tous les jeux.
  • 3 tremblants servent à obtenir un effet de trémolo pour chaque clavier.
  • 1 combinateur électronique permet d’enregistrer jusqu’à 4000 combinaisons de jeux.
  • 1 banc réglable en hauteur, en fonction de la taille de l’organiste
  • 1 pupitre en plexiglas facilitant le contact visuel de l’organiste avec le chef.
  • Le plus grand tuyau mesure 5,50 m et pèse 155 kg (premier tuyau de la Contrebasse 32).
  • Le plus petit tuyau mesure 19,5 cm (14 mm pour la partie sonore) et pèse 22 gr (dernier tuyau du Piccolo 1).
  • La fréquence la plus basse est de 16 Hz, ce qui correspond à un do une octave en-dessous du do le plus grave d’un piano.
  • La fréquence la plus élevée est de 8192 Hz (do4 et do5 du Piccolo 1), ce qui correspond à un do une octave au-dessus du do le plus aigu du piano.
  • Taille approximative : 12 m de haut, 8 m de large et 6 m de profondeur.
  • Les tuyaux de façade et les grands tuyaux neufs intérieurs ont été réalisés en sous-traitance par J.F. Organpipes (Portugal) et Carl Giesecke et Fils (Allemagne).
  • On dénombre 1947 tuyaux anciens (1888) (53 %) pour 1729 tuyaux neufs (47 %).
  • 3464 tuyaux en métal (94 %) pour 212 en bois (6 %).
  • Les tuyaux en métal sont constitués d’un alliage de plomb et d’étain, appelé « étoffe ».
  • Les tuyaux en bois sont réalisés en  tilleul, épicéa et sapin rouge du Nord.
  • Les 23 tuyaux de façade, d’un poids total de 500 kg, appartiennent aux jeux de Montre 16 (au centre) et de Montre 8 (sur les côtés) du clavier principal.
  • La soufflerie est alimentée par une turbine d’une puissance de 2,5 CV.
  • Durée des travaux : 433 jours ouvrables, soit environ trois ans et demi, de mars 2002 à septembre 2005, compte tenu des interruptions résultant de l’activité de l’OPRL dans la Salle Philharmonique.
  • Nombre d’heures de travail (approximatif) : 13300 heures au total (dont 1400 heures pour l’harmonisation).
  • Nombre de personnes ayant travaillé sur le chantier : 26 (ou 18 ?) personnes (13 pour chaque entreprise).
  • L’orgue est capable de produire un son allant du plus infime pianissimo au plus puissant fortissimo.

Découvrez également dans ce numéro d'OPRL Magazine, un reportage sur l'orgue de la Salle Philharmonique, en cliquant sur le lien. Le reportage débute à 2 minutes et 19 secondes.